Le développement du commerce électronique exige que
les consommateurs aient confiance au moment de "signer".
Différentes techniques permettent de garantir les
transactions.
Avec les signatures numériques, les transactions
sur Internet sont devenues aussi sûres que lorsqu'on appose
personnellement son paraphe. Elles pourraient même, à l'avenir, se
révéler plus sûres encore. Dans la vie courante, le risque est
accepté comme un fait naturel. La plupart d'entre nous concluons
quotidiennement des transactions financières risquées et non
protégées : le paiement par carte de crédit ne repose sur rien
d'autre que la possession d'un code à quatre chiffres ou bien sur
une signature. Mais une combinaison de chiffres peut être volée et
une signature imitée sans trop de difficultés. La protection
contre la fraude tient au fait que les signatures ont, pour ainsi
dire, force de loi et engagent le signataire lors d'un contrat.
Par ailleurs, elles peuvent être vérifiées en cas de litige sur
simple présentation d'une pièce d'identité. Depuis le 25 juillet
dernier, la signature électronique est devenue légale au
Royaume-Uni. Quelques semaines auparavant, les Etats-Unis avaient
franchi le pas. En décembre 1999, avec l'adoption d'une directive
par Bruxelles, l'ensemble de l'Union européenne s'est engagé a
faire de même dès l'été 2000. Reste qu'avant l'adoption d'une loi,
les signatures en ligne n'avaient aucun statut juridique. Sur
Internet, cependant, au lieu de fournir seulement le numéro de sa
carte de crédit et son nom, on peut d'ores et déjà s'entourer de
quelques précautions supplémentaires. Trois règles doivent être
observées pour sécuriser une transaction électronique. La première
est que l'identité des deux parties soit établie et authentifiée.
La deuxième est d'envoyer un message chiffré pour la demande de
transaction. La troisième est la délivrance d'un accusé de
réception.Sécuriser une transaction, c'est aussi être en mesure de
vérifier l'inviolabilité de la communication (en s'assurant
qu'aucun intrus ne peut y avoir accès pour la manipuler), et
qu'elle puisse être opposable (c'est-à-dire que la communication
ne puisse être niée par l'expéditeur).
Le cryptage à clés
La
méthode la plus ancienne et la plus répandue pour sécuriser une
transaction est connue sous le nom de cryptage à clé publique.
Chacune des deux parties obtient deux clés entre lesquelles une
relation permet de chiffrer un message d'un côté et de le
déchiffrer à l'autre extrémité. L'une de ces clés est rendue
publique à des destinataires choisis, l'autre restant
confidentielle. Un message chiffré à l'aide d'une clé publique ne
peut être déchiffré qu'avec la clé privée qui lui correspond. Un
message chiffré avec une clef privée peut être lu avec la clef
publique qui lui est liée, ce qui permet au destinataire de
s'assurer que l'expéditeur est bien le propriétaire de la clef.
Des sociétés, comme l'irlandaise Baltimore Technologies ou les
américaines Entrust et Verisign, fournissent cette infrastructure
de cryptage connue sous le nom de PKI (Public Key Infrastructure).
Une autre technique de sécurisation allie le chiffrement à la
biométrie - utilisation de facteurs biologiques comme l'empreinte
digitale mémorisée -, pour créer une signature électronique
physiquement liée au signataire. Cette méthode utilise les
empreintes digitales, la voix, la reconnaissance du visage ou de
l'iris, pour s'assurer que le signataire est bien le bon, en
comparant un scanner de la partie du corps concernée avec celui
qui a été enregistré au préalable.La biométrie permet de faire
mieux encore, puisqu'il existe une méthode très réaliste pour
signer électroniquement comme on le ferait sur une feuille de
papier. L'intéressé appose sa signature normalement, mais à l'aide
d'un crayon numérique et sur une tablette sensible à la pression.
Cette tablette enregistre la vitesse, la pression et la forme de
la signature, y compris les endroits où la personne marque les
jambages et les hampes. La façon d'écrire propre à tout un chacun
est ainsi mémorisée. Quand la personne veut envoyer ou recevoir un
message, elle doit commencer par signer sur une tablette de ce
type pour authentifier son écriture.
Le m-commerce
La
sécurité des transactions doit aussi être appliquée à l'Internet
mobile. Les analystes prévoient en effet que, dans les prochaines
années, le commerce mobile représentera une part très importante
du commerce électronique. C'est pourquoi, en avril dernier, Nokia,
Ericsson et Motorola, les trois premiers fabricants mondiaux de
téléphones portables, se sont rencontrés pour travailler à une
norme commune permettant de sécuriser ce type de commerce.
Objectif : produire les premiers téléphones intégrant cette norme
vers la fin de l'année. Toutefois, pour qu'un mode de signature
numérique se développe, il doit non seulement être sûr, mais il
doit être aussi perçu comme tel. Les consommateurs hésiteront
probablement à confier leurs coordonnées bancaires à un dispositif
électronique tant qu'ils n'auront pas vérifié sa fiabilité.
Forrester Research estime que les signatures numériques
deviendront courantes pour les transactions commerciales d'ici à
trois ans, et que les consommateurs n'hésiteront plus à s'en
servir d'ici trois à cinq ans.
Par Fiona Harvey
fiona.harvey@ft.com